Les cinq préceptes du Reiki (Gokai) et comment les vivre au quotidien

Carnet ouvert, tasse en terre cuite et bougie pour la pratique matinale du Gokai

Les Gokai sont les cinq préceptes transmis par Mikao Usui. Go signifie cinq, kai précepte. Dans la tradition, ils sont récités matin et soir, et ils occupent une place au moins aussi importante que les techniques.

C’est un point qui surprend souvent les élèves : le Reiki n’est pas seulement une pratique des mains. Usui parlait d’une voie, et les Gokai en sont le socle.

Le texte

Juste pour aujourd’hui
Ne te mets pas en colère
Ne te fais pas de souci
Exprime ta gratitude
Accomplis ta tâche avec application
Sois bienveillant envers autrui

Gokai, les cinq préceptes du Reiki

Les traductions varient d’une école à l’autre, et c’est normal : le japonais d’origine est concis, et chaque adaptation fait des choix. Ce qui ne varie jamais, c’est l’ouverture : kyo dake wa, juste pour aujourd’hui.

Une précision sur l’origine

On lit parfois que les Gokai viennent des arts martiaux, ou qu’ils auraient été édictés par l’empereur Meiji. Les deux affirmations méritent d’être nuancées.

Les élèves d’Usui étudiaient effectivement les poèmes de l’empereur Meiji, et le rapprochement se fait naturellement. Mais rien ne permet d’affirmer que les cinq préceptes en sont directement issus. La formulation est celle d’Usui, dans un contexte japonais où ce type de règle de conduite était courant. Mieux vaut le dire honnêtement que de raconter une belle histoire.

Pourquoi « juste pour aujourd’hui » change tout

C’est la clé de tout le texte, et pourtant on la lit trop vite.

« Ne te mets jamais en colère » serait un idéal écrasant, et un mensonge. « Juste pour aujourd’hui, ne te mets pas en colère » est une proposition tenable. Ce matin, je pose cette intention. Demain matin, je la reposerai. Il n’y a pas de score à tenir, pas d’échec cumulé.

Les élèves qui abordent les Gokai comme une liste de qualités à acquérir s’épuisent. Ceux qui les prennent comme une orientation à reprendre chaque matin les gardent des années.

Les cinq, un par un

Ne te mets pas en colère

Il ne s’agit pas de refouler. La colère est une information : elle signale une limite franchie ou un besoin ignoré. Le précepte invite à ne pas se laisser habiter par elle. Un geste simple : quand la colère monte, posez une main sur le plexus et respirez trois fois avant de répondre. Trois respirations suffisent souvent à changer la phrase qui allait sortir.

Ne te fais pas de souci

Le souci, c’est la colère tournée vers l’avenir. Un exercice concret : quand une inquiétude revient en boucle, demandez-vous s’il existe une action possible aujourd’hui. Si oui, faites-la. Si non, c’est du souci pur, et vous pouvez lui accorder une séance d’autotraitement plutôt qu’une heure de rumination.

Exprime ta gratitude

Le mot important est « exprime ». Pas seulement ressentir, mais dire ou écrire. Le soir, notez trois choses de la journée. Un café, une lumière, une phrase de quelqu’un. En quelques semaines, l’attention se déplace toute seule, sans effort de volonté.

Accomplis ta tâche avec application

Ce précepte est souvent traduit par « travaille dur », ce qui est réducteur. Il s’agit d’application, de soin apporté à ce qu’on fait, quelle que soit la tâche. Faire correctement une chose ordinaire est une pratique en soi. Cela vaut pour une séance de Reiki comme pour la vaisselle.

Sois bienveillant envers autrui

Le plus simple à comprendre, le plus difficile à tenir avec les personnes qui nous agacent. Commencez par les gestes minuscules : tenir une porte, remercier réellement, écouter sans préparer sa réponse. Et n’oubliez pas d’inclure une personne dans cette bienveillance : vous.

Une pratique de deux minutes

Voici la routine que je propose à mes élèves, parce qu’elle tient dans une journée chargée :

  • au réveil, mains en gassho devant la poitrine, réciter les cinq préceptes une fois, lentement
  • en choisir un seul pour la journée, celui qui résonne le matin même
  • le soir, revenir dessus trente secondes, sans jugement, juste pour voir
  • recommencer demain, avec le même ou un autre

Deux minutes par jour, tenues pendant un mois, font davantage que des heures de lecture sur le sujet. C’est vrai des Gokai comme de la pratique des mains.


Commencer par le premier degré

Les Gokai sont transmis dès le premier degré, avec l’autotraitement et les bases de la pratique quotidienne. Deux jours en visioconférence, en petit comité.

Sources


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